Je suis à la recherche de ma tenue de ce soir dans mon dressing aussi grand que votre chambre. Je devrais être au Plaza dans dix petites minutes pour dîner avec A. Comme toujours je serais en retard.
Quarante-cinq minutes, une robe noir Gucci, une paire de Jimmy Choo plus tard, je suis dans l'ascenseur. Au bas de l'immeuble, je monte au volant de mon Audi TT et file à cent cinquante à l'heure dans les rues illuminées de Paris. Comme toujours, A. est déjà là, un verre, de vodka orange sûrement, dans la main. Il ne dit rien sur mon retard, normal. Nous commandons.
Quelques verres et le repas plus tard, nous arrivons au Queen, séparément. Je rejoins les pétasses qui me servent de fréquentations dans ce monde et fais semblant d'être aussi connes qu'elles, comme toujours, pour la soirée. A. est parti rejoindre ses amis.
Une heure plus tard, tout le monde déchiré ou presque, je danse contre lui. On se chauffe. On fait comme si l'on ne se connaissait pas. On se retrouve dans mon Audi, puis dans mon appartement où la partie de jambe en l'aire s'en suit. Evidemment.
__ Toujours aussi bonne.
__ Toujours aussi bon.
Oui. En fait, A. c'est moi. Je suis A. Il est Jude. En quelque sorte, du moins. Il est le fils de l'associé de mon père. Autant dire que nous passons presque notre vie ensemble de puis ma naissance étant donné qu'il a deux ans de plus que moi. Le même esprit et la même tare de lucidité dans deux corps différents. Troublant, n'est ce pas.
En passe de reprendre la jolie petite firme internationale de nos chères paternels, il fini ses études dans la plus grandes écoles de commerce de la ville et du pays par la même occasion. De plus d'être doté d'intelligence et d'être déjà riche à vingt ans, il fait baver toute ces petites pétasses rien que par son corps de rêve et son visage d'ange.
Bien entendu, devant nos chers géniteurs, nous jouons le bon rôle du petit couple bien heureux et sage. Sauf que nous n'en sommes pas vraiment un.
Croyez-vous sérieusement que tels que nous le sommes, les deux plus enviés des gens de notre âge de toute la capitale allons nous ranger bien sagement et se tuer l'un l'autre dans cette terrible vie de couple tranquille ?
Il ne faut pas exagérer. Pour tout dire, nous en avons peur de cette tranquillité. Beaucoup la recherche, mais pour des gens de notre espèce, elle devient un objet d'hantise. Nous avons peur de nous même, peur de notre trop forte ressemblance, sûrement.
Bien que tout ceci ne soit pour le moins du monde calculé; nous allons, de nous même, voir ailleurs, où il nous plait, bien entendu. Et très souvent dans nos proches fréquentations, ce qui revient à dire que je me suis fait tout ses amis comme il a rendu folles de rage toutes ces pétasses qui m'entoure l'espace de soirées trop mondaines pour être sages et belles. Oui, folles de rage, parce que le jeu de ce cher A. et de leur démontrer, au moins une fois dans leur vie, qu'il n'est pas indispensable à tout le monde de les baiser, ou du moins correctement. Monsieur ne se sert d'elles que pour se vider les couilles sans pour autant leur rendre l'appareil. C'est aussi la raison pour laquelle aucunes d'elles ne peut le voir.
Peut-être faisons nous tout cela pour essayer de faire naître chez l'autre de la jalousie, je ne sais pas, mais le temps de la jalousie des vieux amoureux de film à l'eau de rose n'est pas encore arrivé pour nous.
Dans tout les cas, il est mon meilleur coup, je suis le sien, et nous le savons tout les deux sans avoir besoin de se le dire ou de se le prouver. Je n'ai trouvé qu'une personne qui pourrait se rapprocher à quelques pas de son talent au lit. Il se trouve que cette personne ne soit personne d'autre que son meilleur ami. Je sais, vous me trouvez ignoble. Tant mieux.
Mais tout ce ci n'est pas important, la baise n'est qu'une banalité absurde dans nos vies, même dans celles des plus pauvres, c'est pour dire.
Retenez toujours à l'esprit qu'A. & moi sommes identiques. Ne jamais nous sous estimer, nous sommes bien les pires que vous n'aillez jamais vue. A deux et quatre ans nous faisions notre première connerie, à six et huit notre premier cinéma seuls, à dix et douze notre premier gros billet, dans la même année la première cuite et la première fois. Mais toujours ensemble. Nous ne somme pas indissociables.
Nous sommes les maîtres de nous même et de l'autre ainsi que de notre propre monde.